Daniel cordier, alias Caracala est un des résistants qui possède l'un des parcours des plus atypique. Monarchiste, il s'engage dans la résistance avant l'appel De Gaule, tout comme Germaine Tillion.
Qui est-il ? :
Né le 10 août 1920, Daniel Cordier est issu d'une famille bordelaise ,royaliste et antisémite. Rejoignant très tôt l' Action Française de l'extrémiste de droite Charles Maurras, il veut continuer la lutte quand l'armistice est signé le 17 juin 1940 et ainsi, rejoint l'Angleterre. Il est extrêmement surpris par l'attitude collaboratrice de Pétain et de Maurras. Il rejoint les Forces Françaises Libres avec 16 compagnons, comme chasseur, puis s'engage dans le service de renseignement français, le BCRA. Parachuté en France il rejoint rapidement Lyon et passe la guerre comme aide de camp de Jean Moulin, jusqu'en 1943 . Emprisonné après avoir tenté de rejoindre l'Angleterre par l'Espagne, c'est seulement après sa libération qu'il deviendra artiste puis historien.
Que lui a apporté Jean Moulin ?
« Je dois à Jean Moulin ce que je suis devenu. C'est pour ça qu'il est, aujourd'hui encore, à l'intérieur de ma vie. »
Le premier contact avec Jean Moulin est assez compliqué. En effet, lui est républicain et démocrate tandis que Cordier est antisémite et royaliste. Mais Moulin décide de le garder à son service. C'est à partir de ce moment que ses idées commencent à évoluer. Son contact avec des gens de différents bords l’amènent à radicalement changer tant au niveau de sa pensée envers les juifs qu'au niveau politique.
Son rôle dans la résistance était de coder les messages secrets pour Londres, trouver des courriers pour poster des lettres et distribuer de l'argent aux différents réseaux. En tant qu'adjoint de de Jean Moulin, il devait assister aux différentes réunions des chefs de réseaux.
C'est aussi avec Jean Moulin qu'il va découvrir une nouvelle passion, l'art.
Que lui a apporté l'art ?
En tant qu’assistant de Jean Moulin, Cordier avait pour couverture une fausse identité d'artiste peintre. Souvent, pour ne pas être découverts, les deux résistants discutaient d'art dans la rue. Ce qui exaspérait Daniel Cordier qui n'y comprenait rien, face à un patron aussi passionné d'art que de liberté. Après sa libération du camp d'internement en Espagne, il se précipite à Madrid au musée d'art du Prado en mémoire de son défunt patron et ami qui lui avait demandé de s'y rendre à sa place si celui-ci n'y parvenait pas de son vivant. A ce moment très précis, Daniel Cordier eut la révélation de sa vie: « Face aux tableaux de Velázquez, j'ai compris qu'il m'avait manqué quelque chose depuis l'enfance» en mémoire de celui qui l'a éclairé il commença à acheter des tableaux puis ouvrit une galerie en 1946 . Après 1964,il se consacra à l'organisation de grandes expositions.
Comment est-il devenu historien ?
En 1977, Cordier participa à une émission télévisée avec d'anciens résistants. Le chef du réseau Combat commence à critiquer l'action de Jean Moulin. Incapable de défendre ce dernier, Daniel Cordier décide d’écrire un livre pour rétablir la vérité, avec documents historiques et témoignages. Il devint ainsi historien en mémoire de celui qui lui avait tant appris, dont ce goût immodéré pour ce qu'il y a de plus précieux, la liberté.

Daniel Cordier, en 1940. Il a alors 20 ans.